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DUERP Boucher : les risques professionnels du métier (2026)

Vous employez au moins un salarié ou un apprenti ? Le Document Unique d'Évaluation des Risques Professionnels est obligatoire (art. R4121-1 du Code du travail) — et un modèle générique copié-collé ne protège ni vos salariés ni votre responsabilité en cas de contrôle. Voici les risques réels du métier, issus des référentiels officiels (INRS ED 6382, INRS outil71).

Les principaux risques du métier de boucher

RisqueSituation typiquePrioritéExemple de mesure
Coupures et lacérations par couteaux de boucherie, désosseur et lames tranchantes
Coupures / Blessures
Utilisation quotidienne du couteau (désossage, découpe, filetage, parage) : un couteau émoussé oblige à forcer, augmentant le risque de dérapage. Première cause d'accident du travail en volume dans la boucherie-charcuterie.P1[Suppression du risque] Couteaux affûtés quotidiennement au fusil et à la meule : un couteau parfaitement tranchant requiert moins d'effort et glisse moins. Sélectionner des couteaux ergonomiques adaptés à la morphologie de l'opérateur (gaucher/droitier, courbure adaptée).
Coupures graves par la lame du trancheur (charcutier ou viande cuite)
Risque mécanique
Contact direct avec la lame lors du nettoyage, du déplacement du plateau ou du guidage manuel de la pièce. Les anciens modèles sans dispositif anti-recul ni protecteur de lame amovible sont particulièrement dangereux.P1[Suppression du risque] Trancheur avec poussoir intégral maintenant la pièce à distance de la lame, arrêt automatique à la dépose du plateau, et protecteur de lame amovible pour le nettoyage. Conformité CE vérifiée.
Troubles musculo-squelettiques des membres supérieurs (poignet, coude, épaule) par découpe et désossage répétitifs
TMS / Membres supérieurs
Gestes de découpe répétés (plusieurs centaines de coups de couteau par heure), désossage maintenu 2 à 4 h/jour avec poignet fléchi ou dévié : syndrome du canal carpien, tendinite de l'épaule, épicondylite. Première cause de maladie professionnelle du secteur viande (tableau MP RG 57). Sinistralité : environ 69 accidents du travail pour 1 000 salariés dans la transformation de viande.P1[Suppression du risque] Couteaux à manche ergonomique, courts et courbés (réduction de la force poignet). Table de découpe à hauteur réglable (80-90 cm) évitant l'inclinaison du tronc et les bras levés. Approvisionnement en pièces pré-découpées ou partiellement désossées pour les opérations les plus sollicitantes.
Happement / amputation par le hachoir ou la hacheuse (entraînement des doigts dans la vis sans fin)
Risque mécanique
Introduction accidentelle des doigts dans la trémie du hachoir en marche (déblocage de viande, chargement forcé), démarrage intempestif lors du nettoyage. La vis sans fin peut sectionner des doigts en une fraction de seconde.P2[Suppression du risque] Privilégier les hachoirs avec capot de trémie entièrement asservi (arrêt moteur automatique à l'ouverture). Conformité à la Directive Machine 2006/42/CE (marquage CE) obligatoire.
Station debout prolongée et gestes répétitifs d'encaissement et de mise en vitrine
TMS / Postures
Vente en continu debout 4 à 6 heures sans assise, encaissements répétés, réassort de la vitrine en postures basses ou en hauteur. Risque d'insuffisance veineuse et de lombalgie reconnu pour le secteur du commerce (Ameli).P2[Protection collective] Tapis anti-fatigue derrière le comptoir. Siège assis-debout à hauteur réglable à la caisse.
Exposition au bruit de la scie à os, du hachoir et des bruits de choc de l'atelier
Bruit
Scie à os ou à ruban : niveau sonore estimé entre 85 et 95 dB(A). Hachoir/hacheuse : 80 à 90 dB(A). Bruits de choc des plateaux et couteaux s'ajoutent à l'ambiance générale. Exposition chronique pouvant entraîner une surdité professionnelle progressive irréversible.P2[Suppression du risque] Machines modernes avec capotage insonorisant ; scie à os en emplacement isolé de l'atelier pour limiter la propagation du bruit.
Exposition au froid des chambres froides (réfrigération 0-4 °C et/ou congélation ≤ -18 °C)
Ambiances thermiques
Allers-retours répétés en chambre froide ou séjours prolongés pour le rangement et la recherche de pièces : engourdissement des extrémités, choc thermique atelier ↔ chambre, risque d'enfermement si la poignée intérieure est défaillante. Facteur C2P températures extrêmes (≤ 5 °C) si cumul ≥ 900 h/an.P2[Suppression du risque] Organiser le stockage pour limiter la fréquence et la durée des séjours en chambre froide (liste des besoins établie avant entrée).
Glissades sur sols gras, humides ou souillés de sang
Chute de plain-pied
Sols de l'atelier humidifiés par l'eau de décongelation, le lavage, les graisses et les liquides biologiques. Sols carrelés lisses ou joint de carrelage dégradés favorisant les glissades. Passages encombrés de caisses ou de matériel.P2[Suppression du risque] Sols antidérapants haute performance (classement R11 ou R13 selon EN 13036) dans l'atelier et la plonge. Siphons de sol efficaces et régulièrement nettoyés pour une évacuation rapide des liquides.

Priorité : criticité (gravité × fréquence) modulée par la maîtrise existante — P1 action immédiate, P2 planifiée, P3 surveillance. Grille complète (15 risques, 5 unités de travail) dans le document généré.

Pénibilité et RPS : les deux oublis qui font rater les contrôles

D'après les audits du secteur, 67 % des DUERP n'intègrent pas la pénibilité et 58 % oublient les risques psychosociaux. Pour un boucher, cela concerne notamment : manutentions manuelles de charges, postures pénibles — chacun avec son seuil réglementaire (art. D4163-2) — et côté RPS : cadence, intensité de la découpe et pression sur commande, station debout et asymétrie posturale prolongée.

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Questions fréquentes

Le DUERP est-il obligatoire pour un boucher ?

Oui. Le Document Unique d'Évaluation des Risques Professionnels est obligatoire dès le premier salarié (article R4121-1 du Code du travail), apprenti compris. Son absence est passible d'une amende de 1 500 € (3 000 € en récidive), et elle caractérise la faute inexcusable de l'employeur en cas d'accident du travail.

Quels sont les principaux risques professionnels du métier de boucher ?

Coupures et lacérations par couteaux de boucherie, désosseur et lames tranchantes ; Coupures graves par la lame du trancheur (charcutier ou viande cuite) ; Troubles musculo-squelettiques des membres supérieurs (poignet, coude, épaule) par découpe et désossage répétitifs ; Happement / amputation par le hachoir ou la hacheuse (entraînement des doigts dans la vis sans fin) ; Station debout prolongée et gestes répétitifs d'encaissement et de mise en vitrine.

À quelle fréquence mettre à jour le DUERP ?

Le DUERP doit être mis à jour au moins une fois par an dans les entreprises d'au moins 11 salariés, et lors de toute décision d'aménagement important ou nouvelle information sur un risque. En pratique, une mise à jour annuelle est recommandée pour tous, et le document doit être conservé 40 ans.

Que doit contenir le DUERP d'un boucher ?

L'inventaire des risques par unité de travail, leur évaluation (gravité, fréquence), les mesures de prévention, les facteurs de pénibilité (article L4161-1) et les risques psychosociaux. La pénibilité et les RPS sont les deux oublis les plus fréquents lors des contrôles.

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Outil d'aide à la rédaction. Ne constitue pas un conseil juridique. Document à valider par l'employeur, seul responsable de l'évaluation des risques (art. R4121-1 et s. du Code du travail).